Le plus grand iceberg jamais observé vogue désormais librement


Ceci n'est pas dû au réchauffement climatique !

Des mois avant sa libération, une fissure de 170 km de long parcourait la plate-forme de glace du Larsen C. 
(Jeremy Harbeck)


Comme prévu, sans trop de suspens, l’un des plus grands icebergs jamais observés s’est détaché de la plate-forme de glace du Larsen C, de la barrière de Larsen en Antarctique. La dissolution lente a été étroitement surveillée par des scientifiques qui ont annoncé que l’iceberg de 60 km de long, de 5 800 km², d’une épaisseur de 190 m et de 1 000 000 000 000 tonnes est maintenant à la dérive dans la mer. Il représente 12 % de la superficie totale du Larsen C.

Une vidéo pour nous donner une idée de la taille de l’iceberg, tweeté récemment par le Pr Adrian Luckman de l’université de Swansea (Angleterre)


Si une chose caractérise les calottes polaires, c’est qu’elles sont dynamiques. Loin d’agir comme des bacs à glaçons, la glace qui les forme est toujours croissante, rétrécissante, fluide et craquante. Selon le British Antarctic Survey (BAS), le fractionnement du Larsen C fait partie d’un processus normal et peut ne pas être le résultat direct du changement climatique dans la région.

La précédente représentation de l’iceberg du larsen C (Université d’Edinburgh–N. Gourmelen/ ESA)



La dissolution de la plate-forme de glace Larsen C était prévue depuis un certain temps, et la propagation de la fissure de 170 km qui sépare complètement l’iceberg de la plateforme fut surveillée par des scientifiques de l’Antarctique dirigés par l’université de Swansea (Angleterre) et par les satellites Cryosat et Sentinel-1 de l’ESA. Le flux de glace de l’hiver Antarctique bloque encore l’iceberg, mais il finira par dériver dans l’océan Antarctique, où il faudra le surveiller, car il représentera un danger pour la navigation.

Le BAS affirme que le vêlage est l’occasion d’étudier la stabilité de la plateforme  restante et la façon dont la vie dans les environs réagira au nouveau fond marin.

Carte montrant le détachement de l’iceberg, sur la base des données du satellite Aqua de la NASA. 12 juillet 2017. (MIDAS Project/ université de Swansea)



Selon Andrew Fleming, analyste pour le BAS :

Cette histoire est devenue encore plus intéressante. Nos glaciologues vont maintenant surveiller de près pour voir si le plateau de glace Larsen C restant est moins stable qu’avant que l’iceberg ne se libère, et nos biologistes seront désireux de comprendre comment de nouveaux habitats formés par la perte de la glace sont colonisés.

Dans la vidéo ci-dessous, le Professeur David Vaughan de BAS présente l’événement de vêlage et ses implications :