"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Le blob, ce super-organisme capable d’apprendre




Ni animal, ni champignon, ni végétal mais un peu tout à la fois, le blob, physarum polycephalum, un organisme unicellulaire qui ressemble à une grosse éponge. Intelligent, il est capable de résoudre des problèmes du quotidien malgré l’absence de cerveau.

Si la référence du nom de cet organisme avec le célébre film d’horreur de 1958, où une pâte visqueuse avalait des êtres humains, vous effraie, sachez que ce blob-ci est inoffensif. Il se peut même que vous l’ayez déjà croisé. La créature est bien visqueuse et rampante mais vit habituellement dans les sous-bois, se nourrissant de champignons ou, dans les laboratoires, de flocons d’avoine.

Les scientifiques l’ont classé parmi les protistes, une sorte de fourre-tout des espèces inclassables sans pouvoir être plus précis, l’organisme résistant à toutes les classifications biologiques. Intelligent mais sans cerveau, il n’est constitué que d’une seule cellule, ne craint ni le feu, ni l’eau et est presque invincible puisque capable de cicatriser en quelques minutes.

Voir l'organisme évoluer à l’œil nu

Des caractéristiques qui intéressent fortement les scientifiques qui voient en cet organisme un matériel précieux pour faire évoluer la santé humaine. Il interesse également dans le secteur de l’écologie puisque l’organisme est capable de recycler les nutriments et les métaux lourds.

Mâle ou femelle ? Ni l’un, ni l’autre, encore une fois. Chez le blob, il y a 720 genres sexuels. Deux spores qui se rencontrent ont donc 719 chances sur 720 de pouvoir se reproduire. Plus étonnant, chaque blob posséderait une «personnalité».

Audrey Dussutor, chercheuse au CNRS spécialisée sur le sujet, a fait l’expérience avec trois blobs venus de trois pays différents. Si elle décrit l’Australien comme sociable, le blob américain qui lui plutôt capricieux et refuse de se nourrir de flocons d’avoine biologiques. Quand au Japonais, s’«il ne réfléchit pas beaucoup», il est en revanche très rapide.

La vitesse moyenne de cette créature est d'ailleurs intéressante : si son rythme moyen est de 1cm par heure, quand il est affamé, il peut monter jusqu’à 4cm par heure. On peut donc voir l’organisme évoluer à l’œil nu.