Un ver envoyé dans l’espace est revenu avec deux têtes


Des chercheurs américains qui avaient envoyé des vers sur la Station Spatiale Internationale ont eu une surprise de taille lorsque ces derniers sont revenus : l'un des vers avait une deuxième tête.

Il s'agit d'une mutation rare : le ver, ayant perdu sa queue, a vu une seconde tête pousser à la place de son ancienne queue. Impossible cependant de savoir s'il s'agit vraiment d'un effet dû à l'espace, ou juste une mutation exceptionnelle mais pouvant avoir lieu sur Terre.

L'expérience a été menée par des scientifiques américains de l'université de Tufts, dans le Massachusetts (Etats-Unis). Les vers ont passé cinq semaines en microgravité à bord de l'ISS, la même station qui a accueilli pendant six mois l'astronaute Thomas Pesquet.

Des vers clonés

Les résultats de l'expérience ont été publiés dans la revue Regeneration, où les scientifique affirme qu'«en plus de 18 ans d'expérience dans le maintien d'une colonie de D. japonica (le ver en question) qui comprend plus de 15.000 vers de contrôle rien qu'au cours des cinq dernières années, les chercheurs de Tufts n'avaient jamais observé l'apparition spontanée d'une double tête».

Plus étonnant encore, les scientifiques ont remarqué que certains de ces vers s'étaient séparés en deux clones : un phénomène connu sous le nom de «scissiparité». Le rapport explique également qu'à leur retour, les vers sont restés partiellement paralysés pendant plusieurs heures, et passaient moins de temps dans l'obscurité que les vers restés sur Terre.

Les effets de l'espace sur la génétique sont déjà connus. Thomas Pesquet, au bout de six mois à bord de l'ISS, a vieilli plus vite que la normale, a perdu de la masse musculaire et a pris quelques centimètres, qu'il a immédiatement perdu à son retour sur Terre.