Pourquoi les hommes s'assoient toujours en écartant les cuisses ?


Mesdames, prenez-en de la graine


A New York, les autorités du service de transport en commun, la New York Metropolitan Transportation Authority, veulent mettre un terme à l’écartement des jambes des hommes dans les transports publics.

En anglais, on parle de man-spreading lorsqu’un homme qui est assis dans le métro ou l’autobus écarte ses jambes en empiétant sur l’espace des autres usagers ou en bloquant l’accès aux sièges libres à côté de lui. Il existe d’ailleurs des blogues qui collectionnent les photos d’hommes en train de monopoliser l’espace dans les transports en commun à New York, à Londres, à Boston ou à Toronto.


Pourquoi les hommes s'assoient toujours avec les jambes écartées ?
Pour que leur cerveau respire , ou pour ne pas écraser leur cerveau, diront encore quelques femmes mal informées



New York s’apprête donc à lancer une campagne de sensibilisation pour inviter les hommes à garder leurs cuisses fermées.

Il s’agit d’une invitation à la courtoisie, pas d’une loi. Mais le Torontois Mike Wood, du groupe d’hommes Canadian Association for Equality, ne veut surtout pas que le service de transport de Toronto ait la même idée. Il demande aux autorités de reconnaître que l’écartement des jambes des hommes est une nécessité à cause de leur anatomie. Leurs testicules, plaident-ils, ont besoin d’espace.

« Ça peut parfois être douloureux pour nous de garder nos jambes fermées. On ne peut pas nous obliger à faire cela », écrit Mike Wood dans le texte de sa pétition. Il demande qu’on accepte que les hommes écartent les cuisses de la même manière qu’on accepte que les femmes allaitent dans les transports en commun.

Les quelque 1200 signataires qui l’appuient estiment que la campagne de sensibilisation à New York qui cible aussi d’autres pratiques nuisibles comme le fait de déposer son sac sur le siège à côté de soi est sexiste envers les hommes.

Alors, ces messieurs sont-ils simplement casse-couilles ou ont-ils vraiment besoin d’écarter les cuisses lorsqu’ils sont assis?

Si les hommes écartent autant les jambes assis, c'est la faute à la biologie

Le manspreading n'avait rien à voir avec une appropriation des lieux publics mais tout à voir avec la biologie.

Le manspreading, une nécessité physiologique ? A en croire les résultats de l'étude menée aux États-Unis, si les hommes écartent les jambes dans les transports (et grapillent l'espace des autres passagers, généralement des femmes), c'est à cause de leurs caractéristiques morphologiques. Pour arriver à cette conclusion qu'on attendait tous, Ash Bennington, l'éditeur en chef du site EconoMonitor a demandé au data scientifique Mark Skinner de remonter à la source du manspreading et de faire quelques maths.

Le scientifique a alors évalué trois données différentes. Concernant la première, il explique que les épaules de l'homme moyen sont 28% plus larges que ses hanches, tandis que les épaules de la femme moyenne sont seulement 3% plus larges que ses hanches. Il assure : "Si un homme est assis dans le métro avec les genoux collés et que les passagers qui l'entourent sont serrés contre lui, son torse ne rentrera pas sur la moitié supérieure du siège si ses genoux prennent moins de place que ses épaules".


Pour appuyer son propos, Mark Skinner va même jusqu'à utiliser le cartoon de la campagne de sensibilisation au manspreading lancé par la MTA. Ce cartoon représentant un homme étalé sur les sièges donne "une vision distordue" du corps masculin selon le scientifique, qui est allé jusqu'à mesurer les proportions du dessin. Jugée "humiliante pour les manspreaders".



Mark Skinner est allé étudier les corps de 4 000 militaires hommes et femmes censés pratiquer une activité sportive régulière et dont les physiques devraient être logiquement assez éloignés du New Yorkais moyen.

Ce qui ressort de cette étude-ci ? Le torse des hommes est plus large que les femmes MAIS pas leurs hanches ! "Cela suggère que, proportionnellement, un homme a besoin d'utiliser plus d'espace sur un siège en utilisant ses jambes qu'une femme pour qu'il puisse se tenir droit".

Augmentation de la température des testicules 

La troisième donnée est l'hyperthermie scrotale; en effet, les testicules sont en fait à l’extérieur du corps, dans le scrotum et leur température est inférieure d’environ 4°C à la température corporelle. Une température trop élevée du testicule bloque la production de spermatozoïdes.

Porter des habits trop serrés, comme certains Jeans, « colle » les testicules contre le corps et augmente leur température. Cela est aussi vrai pour les occupations en position assise.

L'infécondité masculine

La spermatogenèse chez l'homme et chez les autres mammifères nécessite une température inférieure à la température du corps. Ainsi, une augmentation de la température des testicules produit des effets délétères sur la fertilité masculine.

La double fonction exocrine et endocrine du testicule est régulée par des facteurs génétiques, neuroendocriniens, psychologiques, et environnementaux. Ces fonctions sont aussi thermodépendantes, la température du testicule étant inférieure d’environ 4°C à la température corporelle.

Le maintien d’une température testiculaire à laquelle celui-ci est pleinement fonctionnel (euthermie) est assuré par deux systèmes thermorégulateurs.

L’élévation de la température testiculaire ou scrotale, isolée ou associée à celle de l’ensemble du
corps, entraîne des perturbations de ses fonctions qui se traduisent par une diminution de la qualité et
de la quantité des gamètes produits, comme cela a été démontré expérimentalement chez l’homme
fécond ou observé lors d’études de populations infécondes.

Le testicule endocrine et exocrine est pleinement fonctionnel à une température inférieure d’environ
4°C à la température corporelle, euthermie maintenue par des systèmes thermorégulateurs locaux dont le principal est le scrotum.

De nombreuses données, provenant d’études soit expérimentales soit de populations d’hommes inféconds, ont été rapportées à ce jour dans la littérature qui permettent d’établir une forte relation entre élévation de la température scrotale et perturbations de la spermatogénèse, avec diminution de la quantité et de la qualité des spermatozoïdes produits.

Bien que ni les causes de cette élévation de la température, ni les mécanismes physiopathologiques de ses effets, ne soient connus actuellement, des traitements symptomatiques sont à ce jour envisageables; car traiter une infécondité masculine en 1991, ce pourrait être tout d’abord traiter l’homme infécond avant d’envisager un traitement de son seul sperme.

En fait, les hommes écartent les jambes pour évacuer la chaleur de leur cuisses qui réchauffent leurs testicules ! C'est de l'aération rien de plus.

Cela n'a donc rien à voir avec un manque de politesse, une appropriation des lieux publics ou une affirmation de sa virilité, non, tout ça c'est la faute à la biologie.