"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Le risque pour les humains de développer un cancer sur Mars est encore plus élevé qu’estimé auparavant


Le risque de développer un cancer pour les astronautes à destination de Mars pourrait être le double de ce qui avait été précédemment estimé, selon un nouveau modèle montrant que le rayonnement cosmique pourrait avoir un effet indirect sur les cellules encore saines des astronautes.

Selon Francis Cucinotta de l’université du Nevada à Las Vegas et qui a dirigé l’étude arrivant à cette conclusion :

L’exposition aux rayons cosmiques galactiques peut dévaster le noyau d’une cellule et provoquer des mutations pouvant entraîner des cancers.

Nous avons appris que les cellules endommagées envoient des signaux aux cellules environnantes et non affectées et modifient probablement le microenvironnement des tissus. Ces signaux semblent “inspirer” les cellules saines à muter, causant ainsi des tumeurs ou des cancers supplémentaires.

Les chercheurs ont utilisé un “modèle d’effet non ciblé pour/ entrainant une croissance cancéreuse” afin de confirmer ce que des scientifiques ont d’abord remarqué en 1992, la façon dont les cellules qui ne sont pas directement touchées par les rayonnements peuvent encore en être affectées.

Nous savons que les rayons cosmiques peuvent augmenter le risque de nombreux problèmes de santé, comme cancer et maladies circulatoires, en raison de leurs taux d’ionisation très élevés. La menace qu’ils posent est l’un des principaux problèmes liés à la sortie au-delà de l’orbite terrestre.

Les scientifiques ne sont toujours pas sûrs des risques qui en découlent, mais la recherche est en cours. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’astronaute de la NASA, Scott Kelly, a passé près d’un an dans l’espace alors que son frère jumeau est resté sur Terre, afin de mieux comprendre les effets à long terme.

Des données ont également été recueillies par l’astromobile Curiosity sur Mars de novembre 2011 à août 2012. Les scientifiques ont constaté que l’équipement a été exposé à une dose de radiation jusqu’à 1000 fois supérieures à ce qu’elle le serait sur Terre.

Ce que l’équipe de Cucinotta et d’autres chercheurs essaient de découvrir maintenant, c’est le type de dégâts que pourraient causer les radiations et ce qui pourrait être nécessaire pour les arrêter. Les tests existants n’ont pas été suffisamment longs ou assez complets, disent-ils.

Selon Cucinotta :

L’exploration de Mars nécessitera des missions de 900 jours ou plus et comprend plus d’un an dans un espace profond où l’exposition à toute l’énergie des ions lourds des rayons cosmiques galactiques est inévitable.

Les niveaux actuels de protection contre les rayonnements réduiraient modestement les risques d’exposition.

De toute évidence, nous ne voulons pas que les astronautes meurent ou tombent malades sur Mars, mais nous devons également nous assurer que leurs capacités cognitives ne seront pas endommagées par le voyage, car la mise en place et le maintien d’un laboratoire sur Mars nécessiteraient une ingénierie de pointe qui n’en est qu’à ses balbutiements

Les chercheurs de l’université du Nevada sollicitent des études plus détaillées sur le type de risque pour la santé auquel les astronautes pourraient faire face au-delà de la protection du bouclier magnétique de la Terre et de la façon dont nous pourrions les contrecarrer.

Nous savons déjà qu’un bouclier contre les rayonnements sera crucial pour se rendre en toute sécurité vers Mars et vivre sur sa surface, mais la quantité d’éléments nécessaires et la façon dont nous les mettrons en place jouera un rôle très important dans la viabilité des futures missions qui sont encore en cours de préparation.