"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Un soutien-gorge pour détecter le cancer du sein


Cet étudiant mexicain a créé un soutien-gorge pour détecter le cancer du sein 
après la double mastectomie de sa mère


Du haut de ses 18 ans, Julián Ríos Cantú va peut-être révolutionner le dépistage du cancer du sein. Ce jeune étudiant mexicain a remporté le 29 avril, en Allemagne, le premier prix des Global Student Entrepreneur Awards (GSEA), un concours international récompensant les jeunes qui conjuguent études et entrepreneuriat. Il y présentait un soutien-gorge novateur capable de dépister le cancer du sein.

Le jeune homme, qui a également gagné le prix Everis au Mexique en mars, dit avoir été inspiré par le combat de sa mère contre cette maladie. Atteinte du cancer du sein à deux reprises, elle a finalement subi une double mastectomie et "a failli perdre la vie", explique l'étudiant.

Des capteurs pour détecter les anomalies

Julián Ríos Cantú a développé ce soutien-gorge, "Eva", avec trois collègues au sein de son entreprise, Higia Technologies. Le sous-vêtement est équipé de quelque 200 capteurs sensoriels qui évaluent la texture, la température et la couleur de la peau des seins.

La femme doit porter le soutien-gorge entre 60 et et 90 minutes par semaine pour obtenir des mesures régulières qui puissent révéler une éventuelle altération de son état. Ainsi si la chaleur augmente sensiblement, cela signifie que le débit sanguin est plus important, et donc que les vaisseaux "alimentent" quelque chose, par exemple des cellules cancéreuses.

Toutes les informations récoltées par le soutien-gorge sont ensuite envoyées par bluetooth sur une application, qui analyse les données grâce à un algorithme. Le diagnostic est finalement envoyé à la propriétaire du soutien-gorge ainsi qu'à son oncologue.



"Une grande avancée dans le diagnostic du cancer du sein"

Ce soutien-gorge n'est pas destiné à se substituer, à terme, à la mammographie, insiste son créateur. Il pourrait en revanche servir de moyen supplémentaire pour détecter le cancer du sein, le plus fréquent chez la femme en France, et qui cause encore près de 12.000 décès par an.

D'après Cynthia Villarreal, docteur au département d'oncologie de l'institut national de cancérologie de México, ce soutien-gorge est "un projet très innovant, qui permettra certainement une grande avancée dans le diagnostic du cancer du sein". "Il permettra aux femmes de détecter des anomalies qui ne sont pas nécessairement faciles à détecter lors des palpations", estime-t-elle.

Cette technologie avait déjà été imaginée par la firme First Warning Systems en 2012. Mais le groupe a fait face à des difficultés pour assurer le développement de son soutien-gorge, et revu son projet: elle prévoit désormais de créer un plus petit outil, semblable à une clé USB, que les femmes pourraient insérer dans n'importe lequel de leur soutiens-gorge pour récolter les données.

Julián Ríos Cantú et son équipe, eux, ont reçu un chèque de 20.000 dollars (plus de 18.300 euros) pour développer leur soutien-gorge, actuellement toujours à l'essai. Mais nul doute que le jeune étudiant concrétisera son projet, à en croire son compte Instagram...

Claire Digiacomi