Le dentifrice est-il dangereux pour la santé ?




L'Institut national de la recherche agronomique (Inra) tire la sonnette d'alarme. Dans une étude publiée le 20 janvier, des chercheurs ont mis en évidence la dangerosité du dioxyde de titane, un additif alimentaire connu sous l'abréviation E171 et présent dans de nombreux produits ou aliments comme le dentifrice, les bonbons, les biscuits ou encore les chewing-gums. Le rapport démontre que l'exposition orale à la substance expérimentée sur des rats induit un affaiblissement de leur système immunitaire. Pire, le E171, qui sert exclusivement à blanchir et rendre plus brillants les aliments ou produits et n'apporte aucune valeur nutritive, pourrait être cancérigène. S'il est impossible pour le moment de déduire que ces résultats soient applicables à l'homme, le gouvernement a d'ores et déjà pris ces conclusions très au sérieux.

Cancer du côlon

Les ministères chargés de l'Économie, de la Santé et de l'Agriculture ont décidé de saisir l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) pour déterminer le danger éventuel que courent les consommateurs. Durant leurs tests, les scientifiques ont constaté qu'en faisant boire du dioxyde de titane contenu dans de l'eau à des rats, la substance franchissait la barrière intestinale et passait dans le sang des rongeurs. Les chercheurs se sont aussi aperçus que le E171 altérait le système immunitaire en se logeant dans le noyau des cellules immunitaires intestinales.

Au cours de la même étude, 40 % des rongeurs présentaient des "lésions prénéoplasiques" dans le côlon, c'est-à-dire précancéreuses. Interrogé par Le Monde, Fabrice Pierre, coauteur de l'étude, tempère toutefois : "Nos résultats ne sont pas extrapolables à des stades plus avancés du cancer colorectal, car ces lésions n'évoluent pas systématiquement vers un cancer." L'additif est aussi présent dans les cosmétiques, mais aussi dans les peintures ou les matériaux de construction. Comme le rappelle le Huffington Post, l'association Que Choisir avait déjà alerté en 2011 sur la possible nocivité du E171, qui pour certains observateurs pourrait être aussi dangereux que l'amiante.