"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Grippe ou gros rhume ? Comment faire la différence


Une grande fatigue. Un mal de tête persistant. Et ce nez bouché qui ne vous quitte plus. C'est sûr, vous couvez une bonne grippe. Pas étonnant puisque le ministère de la Santé a annoncé ce mardi 27 décembre que l'épidémie de grippe s'étend désormais aux treize régions de France métropolitaine. À moins que ce ne soit un bon vieux rhume?

Le HuffPost a demandé à Alain Beaupin, médecin généraliste au centre de santé d'Ivry la différence entre ces deux classiques de l'hiver. La réponse est loin d'être évidente, "tous les médecins vous le diront, nous ne savons pas distinguer avec certitude un rhume d'une grippe", nous annonce d'emblée Alain Beaupin.

À gauche, un virus influenza et à droite un rhinovirus


Entre le rhume et la grippe, l'intensité diffère

La grippe est due à une infection par les virus influenza, de type A et B. Ce type de virus est instable, c'est-à-dire qu'il se modifie en permanence. Chaque année, le virus n'est donc jamais tout à fait le même que celui qui a frappé l'hiver précédent. C'est la raison pour laquelle personne n'est immunisé d'une année sur l'autre contre la grippe. Ce sont les rhinovirus qui sont à l'origine de ce qu'on appelle communément le rhume.

Si les deux virus peuvent provoquer certains symptômes communs, c'est principalement l'intensité du mal qui permet de donner une indication au médecin et au patient sur le type de virus en cause. "Une fièvre élevée, des courbatures, des maux de tête intenses sont plutôt le signe d'une grippe", constate Alain Beaupin qui rappelle que cette règle ne vaut pas forcément dans tous les cas. "Certaines personnes ont la grippe sans déclarer ces symptômes." En règle générale, la grippe abat plus que le rhume et nécessite un arrêt d'un ou plusieurs jours.

Respectez votre toux et soyez patients

Dans les deux cas, la plupart des patients présente une "infection des voies respiratoires supérieures", autrement dit, un nez bouché, une gorge qui pique voire une toux persistante. Une chose à retenir: vous hydrater. "Pour votre nez, utilisez du sérum physiologique, pour la gorge, buvez beaucoup du chaud comme du froid, sucez des pastilles", rappelle Alain Beaupin "mais surtout, respectez votre toux!". La toux est un mécanisme naturel qui permet à notre corps d'expulser les virus et/ou de tapisser de mucus notre gorge pour piéger les virus, les bactéries."

Ainsi donc, si vous êtes un adulte sans maladie chronique, "le meilleur médicament reste... la patience". "Si vous n'avez aucun autre problème de santé, le rhume et la grippe se guérissent d'eux-même après quelques jours. Il faut faire confiance à sa propre nature". Dans le meilleur des cas donc, Alain Beaupin conseille un peu de paracétamol pour faire baisser la fièvre et surtout du repos.

La grippe peut aussi avoir des complications très graves qui nécessitent un traitement voire une hospitalisation comme la pneumonie. L'OMS rappelle que les personnes les plus à risques sont les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant d'une maladie chronique. Dans ces trois cas, la grippe ne doit pas être prise à la légère.

A l'occasion des fêtes de fin d'année, "moment particulièrement propice à la diffusion de l'épidémie", la direction générale de la santé (DGS, ministère de la Santé) recommande aussi aux personnes fragiles (plus de 65 ans, mais aussi malades chroniques et femmes enceintes) d'éviter "les contacts rapprochés avec la personne atteinte de grippe".

Au 18 décembre, 66 cas graves nécessitant une réanimation et quatre décès liés à la grippe avaient été recensés. "Il reste quelques jours pour se faire vacciner", souligne la DGS, tout en rappelant qu'"il faut 15 jours en moyenne, après une vaccination, pour été protégé".

Sandra Lorenzo