"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

La dernière image de la zone du crash de Schiaparelli victime de bugs logiciels en cascades



Pour l’histoire, l’atterrisseur était censé se poser en douceur sur la surface martienne, le 19 octobre, en utilisant un bouclier thermique, un parachute et des propulseurs pour ralentir sa descente. Perte de contact… Ça s’est mal passé !

Depuis, nous avons eu une image assez lointaine du site du crash et plus récemment une autre image prise la semaine dernière par la même sonde, Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), de la NASA. Elle révèle une série de marques d’impact éparpillées autour de la zone d’atterrissage prévue, sans aucun signe de Schiaparelli. L’aérocoque et le parachute arrière de l’engin apparaissent en bas de l’image, tandis que le bouclier thermique, en plusieurs fragments, se trouve en haut à droite. Un cratère sombre en haut à gauche est la seule preuve de l’atterrissage de l’engin.

La photo a été prise par la caméra à haute résolution HiRISE à bord de la sonde et montre trois sites d’impact séparé d’un kilomètre les uns des autres. Le cratère fait par l’atterrisseur est estimé faire environ 2,5 m de diamètre et environ 45 cm de profondeur.

Une première analyse des données montre une série (en cascade ) d’erreurs logicielles comme étant la raison de l’atterrissage raté. La descente a bien commencé, avec la rapide décélération de l’atterrisseur alors qu’il traversait l’atmosphère martienne et pour éventuellement déployer son parachute comme prévu. Mais les choses ont commencé à partir en vrille juste avant les 5 minutes des 6 de descente prévue.

Pour des raisons encore mystérieuses, l’atterrisseur a éjecté trop tôt à la fois son bouclier thermique et son parachute. Schiaparelli a alors engagé ses propulseurs pendant 3 secondes, une procédure trop brève qui était censée durer pendant 30 secondes une fois que l’atterrisseur était à quelques mètres du sol. C’est la raison pour laquelle une première estimation évoquait une explosion, car les réservoirs étaient encore pleins. L’ordinateur de bord de l’atterrisseur semble avoir estimé qu’il était proche de la surface. En effet, Schiaparelli a même pris le temps de basculer sur certains de ses instruments, y compris des outils pour enregistrer la météo de la planète et son champ électrique.

La triste réalité est que Schiaparelli a atterri à une vitesse d’environ 300 km / h.

Schiaparelli a quand même renvoyé quelques précieuses données au cours des premières minutes de son vol et cette malheureuse expérience devrait permettre de fournir d’importantes indications pour les missions futures. Le satellite qui a lâché l’atterrisseur sur mars, le Trace Gas Orbiter (TGO) de l’ESA, fonctionne quant à lui comme prévu.