"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Les 6 ennemis de notre cerveau


Le professeur Bernard Sablonnière*, chercheur à l'Inserm, spécialiste des maladies neurodégénératives, nous explique comment garder une bonne santé cérébrale.

1. Le stress

Le stress peut être utile ou nuisible pour le cerveau, cela dépend de son intensité et de sa durée. Il est bénéfique lorsque de courte durée et adapté, il stimule alors notre dynamisme et la prise de décision. En cas de situation conflictuelle prolongée se conjuguent les effets de deux hormones du stress : l'adrénaline et le cortisol. Le cerveau est alors contraint à réduire son dynamisme et le fonctionnement des synapses : il nous force à nous reposer.

2. La prise chronique de psychotropes

Notre cerveau utilise de nombreuses clés chimiques ou neurotransmetteurs pour fonctionner. Les psychotropes miment ou bloquent leur fonctionnement. En perturbant nos comportements, ces médicaments perturbent les mécanismes normaux de réparation des circuits neuronaux, pouvant conduire à des effets toxiques et irréversibles.

3. La sédentarité

Muscle et cerveau sont faits pour s'entendre. On connaît maintenant des signaux chimiques libérés par les muscles et capables de stimuler la fabrication de nouveaux neurones, pour stimuler nos fonctions cognitives. Ce signal est une protéine, l'irisine, dont la sécrétion est fortement stimulée par un exercice physique d'au moins 30 minutes et répété régulièrement.

4. L'inactivité intellectuelle

Entraîner son cerveau, c'est le stimuler pour renforcer l'efficacité de ses circuits et nous permettre d'améliorer nos capacités mentales. Un environnement cognitif riche, une curiosité débordante et de multiples activités d'apprentissage façonnent les circuits du cerveau, en stimulant la survie des nouveaux neurones et en stabilisant leur connectivité.

5. L'isolement social

Le cerveau humain perçoit et partage les émotions des autres et est capable d'empathie. Cette capacité stimule le cerveau limbique et active la libération d'une clé chimique, l'ocytocine, qui améliore le partage et l'échange. Cette clé possède un effet stimulant sur les circuits du cerveau en réduisant fortement les effets du stress.

6. L'excès de graisses et de sucres

Un apport calorique trop élevé et un excès de sucres et de graisses dérèglent le fonctionnement cellulaire et produisent des signaux inflammatoires qui altèrent les vaisseaux sanguins du cerveau. Cela entraîne progressivement un stress cellulaire qui réduit fortement la capacité naturelle de régénération des connexions neuronales !