Des ondes venues de l'espace détectées?


Prédites par Einstein il y a un siècle, les ondes gravitationnelles auraient enfin été détectées depuis la Terre. Il s'agirait d'une découverte révolutionnaire.

Les chercheurs n'en finissent plus de trouver des moyens pour comprendre l'univers et ses trous noirs, comme ici celui de la galaxie M81. (photo: Keystone)



Le monde de la science est en ébullition. En effet, jeudi 11 février, plusieurs équipes devraient annoncer aux USA et en Europe qu'elles sont parvenues à détecter des ondes venues de l'espace. Des ondes dites gravitationnelles qu'a prédites Albert Einstein il y a plus de 100 ans, mais que personne n'avait réussi à observer jusqu'ici.

C'est le prestigieux magazine «Nature» qui devrait se faire le relais de cette découverte majeure dans le monde de l'astrophysique. Les résultats de la collaboration de ces équipes annonceraient que deux trous noirs se sont rapprochés, puis sont entrés en collision, provoquant des vagues à travers l'espace entier, soit ces fameuses ondes, indique l'Université de Genève dans un communiqué, mercredi.

Plus important encore que le boson de Higgs

Selon une chercheuse citée par le journal «Le Point», c'est une des plus grandes découvertes de notre temps. «À mon avis, elle est plus importante encore que celle du boson de Higgs!» explique en effet Catherine Bréchignac, secrétaire perpétuelle de l'Académie des sciences. «La preuve que nous disposons maintenant d'un appareil capable de mieux comprendre l'infiniment grand. Nous n'allons plus nous contenter de regarder les étoiles, mais voir à l'intérieur d'elles, car ces ondes pénètrent la matière au seuil de laquelle la lumière s'arrête.»

C'est grâce à l'instrument LIGO (Laser Interferometer Gravitational-wave Observatory) installé aux USA, que cette découverte a pu être faite, selon «Le MondeLink». Les données ont ensuite été analysées par deux équipes européennes, Virgo et GEO600. L'Université de Genève est de la partie via l'Integral Science data center (ISDC), attaché au Département d'astronomie, qui a collaboré notamment sur la recherche des rayons gamma produits par le phénomène des ondes gravitationnelles.

Un élément de la théorie de la relativité

L'histoire de ces ondes est née il y a 100 ans par le biais d'Albert Einstein qui met au point la théorie de la relativité générale. Ces ondes gravitationnelles (ou OG) en sont l'un des éléments-clés. La théorie de la relativité prédit en effet que tout corps qui se déplace génère une déformation de la structure de l'espace-temps. Cette déformation se propage par ondes successives dans le cosmos à la manière d'une vague à la surface de l'eau. Mais personne n'avait réussi à détecter ces déformations.

Mais depuis une trentaine d'années, les scientifiques les traquent intensément. D'une part via le LIGO et ses deux interféromètres aux USA. D'autre part, via Virgo, une antenne de détection située à Pise, en Italie. Et c'est en 2015 seulement que les instruments sont parvenus à capter des signaux nés de la fusion de deux trous noirs géants.

Si elle est avérée, la découverte de ces ondes serait révolutionnaire, car elle donnerait naissance à une nouvelle astronomie. Après l'astronomie optique de Galilée, l'astronomie radio des radiotéléscopes et l'astronomie des rayons X des satellites, voici venu le temps de l'astronomie des ondes gravitationnelle. Cela donne de nouvelles lunettes pour voir des choses nouvelles dans l'Univers, a indiqué un chercheur du CNRS dans «Le Point».

Ces ondes permettraient aux scientifiques d'explorer différemment l'espace, de sonder l'énergie noire et de mieux caractériser certains phénomènes, comme la fusion d'étoiles à neutrons, l'effondrement d'étoiles massives ou les interactions entre des trous noirs. Et pourquoi pas? De remonter le temps jusqu'à 14 milliards d'années. Vertigineux.