Les première roses cyborgs


L’idée futuriste de plante cyborgs a fait le saut de la science-fiction dans la science du monde réel.

Dans une étude publiée cette semaine, une équipe de chercheurs du Laboratoire d’Electronique Organique à l’université de Linköping, en Suède, a découvert une nouvelle utilisation des roses coupées : les transformés en circuits électroniques.

Le laboratoire a travaillé dans ce domaine depuis plus de 20 ans. Ils ont essayé d’intégrer de l’électronique dans les arbres dans les années 1990, mais des problèmes de financement ont interrompu le projet. Maintenant, ils ont réussi à construire des circuits électroniques dans des roses.

Selon Magnus Berggren, auteur principal de la recherche :

Nous pouvons placer des capteurs dans les plantes et utiliser l’énergie formée dans la chlorophylle, réaliser des antennes vertes, ou produire de nouveaux matériaux. Tout se produit naturellement et nous utilisons le propre système unique et très avancé des plantes.

Voici comment cela fonctionne. Les scientifiques ont inventé un polymère spécifique appelé PEDOT-S qui peut être absorbé par le système vasculaire de la rose, tout comme une fleur coupée aspire l’eau et la nourriture végétale dans un vase. Une fois à l’intérieur, le polymère forme des fils à l’intérieur du xylème de la plante, qui sont des canaux qui transportent l’eau et les éléments nutritifs des racines aux tiges, aux feuilles et aux fleurs. Cela permet de transmettre des signaux électriques, mais en laissant la plante obtenir les nutriments et l’eau dont elle a besoin.

Image tirée de l’étude (Laboratory of Organic Electronics, LiU)


Les plantes, tout comme nous, contiennent naturellement des électrolytes, des substances qui peuvent transporter une charge électrique. En connectant des câbles aux électrolytes, les chercheurs ont été en mesure de créer un transistor fonctionnel et une porte logique numérique, la base d’un système informatique. En utilisant un polymère similaire, l’équipe a également pu créer un affichage de couleur sur les feuilles d’une rose, induit par le polymère à l’intérieur de celles-ci.

Bien qu’il soit peu probable que votre prochain ordinateur soit cultivé, ce type de technologie est extrêmement intéressante pour les écologistes et les biologistes des végétaux. En développant des circuits à l’intérieur des plantes, les chercheurs pourraient obtenir un point de vue inédit sur la façon dont elles vivent et surveiller leur état de santé à un niveau étonnamment intime, un peu comme les capteurs dont les humains disposent pour surveiller la santé du cœur ou l’activité du cerveau. Maintenant, nous pourrions être en mesure de faire des choses similaires avec des plantes, une partie essentielle de l’écosystème de la Terre.