Paris-New York en une heure ?


L'avionneur Airbus prépare un projet d'avion supersonique. Il dépasserait les 5 500 km/h et traverserait l'océan Atlantique en 60 minutes.



Douze ans après son dernier vol, le 3 juin 2003, le Concorde a peut-être trouvé son successeur. Alors que l'ancien Concorde permettait de rallier New York de Paris en trois heures trente, le projet concocté par Airbus, lui, effectuerait le trajet en un peu plus d'une heure de vol. Le 14 juillet dernier, le constructeur aéronautique français Airbus a déposé un brevet au Bureau américain des brevets et des marques de commerce. Il a été approuvé sous le nom de "véhicule aérien ultrarapide".
4,5 fois la vitesse du son et 30 000 mètres d'altitude

Deepak Gupta, Youtubeur, passionné de dépôts de licences et de brevets, a réussi à dénicher les brevets déposés par Airbus sur l'avion. Sur sa chaîne YouTube PatentYogi, le blogueur a publié une vidéo où il modélise et met en lumière les grandes lignes du projet de l'appareil en question. L'avion supersonique serait deux fois plus rapide que son prédécesseur. Il atteindrait 4,5 fois la vitesse du son (5 500 km/h) quand le Concorde ne l'atteignait que seulement deux fois. Le véhicule hybride entre avion et navette spatiale serait doté d'une aile delta en forme de triangle isocèle. À l'intérieur de l'appareil, le fuselage est étroit. Seuls deux membres d'équipage et une vingtaine de passagers pourraient être transportés, ainsi que deux ou trois tonnes de fret (cargaison). Le supersonique serait également conçu pour voler dans la stratosphère à plus de 30 000 mètres d'altitude, à la frontière de l'espace.




Quelle motorisation ?

Selon le site Air Journal, l'avion nouvelle génération réunirait trois systèmes de propulsion selon les phases de vol. Au roulage et au décollage, il utiliserait des turboréacteurs pouvant se replier à l'intérieur du fuselage à l'approche du mur du son. Pour la phase ascensionnelle, la navette opterait pour un moteur de fusée alimenté par de l'oxygène et de l'hydrogène. L'avion se retrouverait pratiquement à la verticale. Enfin, une fois la vitesse de croisière atteinte, des statoréacteurs prendraient le relais.

Airbus a aussi réfléchi à un système d'oscillation permettant d'atténuer les vibrations et les mouvements lorsque le bang du passage du mur du son se produit, sans doute l'un des principaux inconvénients pour les passagers. Lorsque l'avion sera commercialisé, s'il l'est un jour, pas sûr que vous puissiez rapidement y monter prendre votre brunch à Manhattan. Il sera d'abord destiné à quelques privilégiés VIP mais aussi être utilisé pour des missions militaires.

JEAN DELTERME