"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

On peut voir les maladies cardiovasculaires dans le lobe de l'oreille


Les diseuses de bonne aventure établissent leurs prédictions après avoir lu les lignes de la main. Les médecins devraient désormais pouvoir évaluer le risque de maladie cardiovasculaire de leurs patients en étudiant les lignes de leurs oreilles.

Un sillon probant

C'est ce que vient de montrer une étude américaine relatée dans le Journal international de médecine (JIM). Le journal précise, en préambule, que « la présence d'une strie occupant au moins un tiers de la distance comprise entre le tragus [la petite excroissance protectrice de l'oreille qui fait saillie à l'extrémité externe du conduit auditif, NDLR] et la partie postéro-inférieure du bord du lobule de l'oreille a été souvent associée à une maladie coronaire et à une artériopathie périphérique [une maladie des artères irriguant les membres, NDLR] ». Mais aucun travail n'avait encore vraiment établi de lien entre l'apparition d'un tel sillon et l'existence d'un accident vasculaire cérébral d'origine ischémique, donc lié à un apport sanguin insuffisant dans une partie du cerveau.

2 000 oreilles photographiées

C'est ce qui a conduit un chercheur à étudier ce signe chez 1 000 patients hospitalisés. Les lobules de leurs deux oreilles ont été photographiés et classés en fonction des caractéristiques des stries : inclinaison, longueur, profondeur, localisation uni- ou bilatérale. Ces « rides » ont été décrites par des médecins qui ne savaient rien des patients et de leurs problèmes cardiovasculaires. « L'étude du lobule de l'oreille s'est déroulée en 2 phases : une phase initiale (300 patients) visait à définir les critères qui permettaient la classification des stries et ceux qui déterminaient la sensibilité, la spécificité et les valeurs prédictives d'une athérosclérose, de chacun des types de stries ; une phase de confirmation (700 patients) analysait l'association de la présence de cette strie avec les événements cardiovasculaires », précise le JIM.

Une strie diagonale et bilatérale

Les chercheurs ont ainsi trouvé une strie diagonale et bilatérale du lobule de l'oreille chez 43 % des patients ayant eu des problèmes cardiovasculaires (maladie coronaire et artériopathie périphérique) et chez seulement 29 % de ceux du groupe contrôle, sans cette pathologie. « Pour ce qui est de l'accident vasculaire cérébral d'origine ischémique, il était également significativement associé à la présence d'une strie diagonale et bilatérale du lobule de l'oreille », notent les auteurs. Ils concluent donc logiquement que l'inspection du lobule de l'oreille a « toute son utilité dans le dépistage clinique de la maladie athérosclérose » (donc de l'athérosclérose qui touche les parois internes des artères et diminue la circulation du sang dans ces vaisseaux). Une telle information risque de nous inciter à scruter régulièrement nos lobes dans un miroir...

Anne Jeanblanc