"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Le noyau de la Terre grossit de plus en plus


Le schéma en coupe de la structure terrestre


Comme Jules Verne l’avait décrit dans son « Voyage au centre de la Terre », notre planète possède un noyau interne où la température est particulièrement élevée. Si personne ne s’y est jamais aventuré comme dans ce roman, les scientifiques savent ce qui s’y passe. Et une chose est sûre : le noyau de la Terre grandit peu à peu.

On pourrait comparer la composition de la Terre à un fruit comme la pêche : notre planète a une partie externe sphérique composée essentiellement d’eau et une partie interne avec un noyau liquide composé de fer et de nickel, et une graine (partie solide la plus profonde). Si la température au sein de ce noyau est extrêmement chaude, la haute pression qui y règne empêche que le noyau terrestre se liquéfie. Certains experts le décrivent comme un plasma qui se comporte comme un solide. Il faut savoir que le noyau de la Terre grandit petit à petit.

Ainsi, la partie interne qui nous intéresse ici est composée du noyau liquide chaud et de la graine solide. Cette fameuse graine est la structure la plus profonde de la Terre. Il s’agit d’une sphère de 1220 kilomètres de rayon, constituée d’un alliage solide de fer et de nickel. Et cette graine va grossir chaque année de quelques millimètres à mesure que le noyau se solidifie. De fait, la croissance de la graine se fait à partir de la cristallisation du noyau liquide, au fur et à mesure que la Terre se refroidit. Néanmoins, le processus est irrégulier, ce qui fait que cela prendrait 91 milliards d’années pour que le noyau soit gelé et totalement solide.

Selon les chercheurs, la graine aurait commencé à se former il y a 1,5 milliards d’années, c’est-à-dire qu’elle aurait le tiers de l’âge de la Terre. Ceci explique sans doute pourquoi cette graine interne continue à grandir encore aujourd’hui. Ainsi, si elle grandit de quelques millimètres chaque année, cela donnerait une croissance de 500 km par milliard d’années. À la surface de la graine, 10 000 tonnes de fer se solidifient chaque seconde. Au fur et à mesure du refroidissement de la Terre, la graine va occuper un espace de plus en plus grand du noyau liquide.

Toutefois, même si les scientifiques ont accumulé ces différentes données, le noyau de la Terre et plus précisément la graine, reste un mystère. Selon certains chercheurs, la graine serait elle-même subdivisée en deux parties, interne et externe. La partie interne, appelée amande à cause de sa forme, serait plus pure en fer que la partie externe. Par ailleurs, il existe un réel doute sur la consistance du noyau. Solide pour certains, il se comporte parfois comme un liquide. Selon des chercheurs russes et suédois, l’alliage composant le noyau interne ne ressemblerait pas aux métaux que l’on connaît mais serait plus comparable à du sable. Il semble donc que le « centre » de la Terre n’ait pas délivré tous ses mystères.

La composition de la planète Terre avec sa partie interne


Ainsi, notre Terre change et nous le constatons tous les jours. Mais la partie externe et visible n’est pas la seule à évoluer avec les années. Son noyau ainsi que sa graine, changent et grandissent peu à peu. Et cela est loin d’être terminé.

 Thomas Le Moing

Une bactérie est responsable de 90% des cas de cancer de l’estomac




Au cinquième rang mondial par sa fréquence, le cancer de l’estomac figure en troisième place par le nombre de morts, près de 9 % de tous les décès par cancer. Son incidence varie selon les régions du globe, les ethnies et le niveau de développement. L’Asie de l’Est, Japon, Corée et Chine surtout, est fortement touchée, mais aussi l’Amérique du Sud. «Intermédiaire en Europe de l’Est, son incidence est plus faible en Europe de l’Ouest, à l’exception du Portugal, fortement touché», explique le Pr Tamara Matysiak-Budnik, gastro-entérologue et cancérologue (CHU Nantes).

En France, de 6000 à 7000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, pour 4500 décès. C’est un cancer du sujet âgé, de pronostic médiocre. En quelques décennies, les progrès de l’hygiène alimentaire ont beaucoup réduit son incidence, qui est aujourd’hui assez stable.

La forme la plus fréquente, qui touche le corps et la partie basse de l’estomac, diminue encore peu à peu, mais les cancers de la jonction estomac-oesophage (cardia) plus rares, augmentent avec l’épidémie d’obésité qui favorise le reflux gastro-œsophagien. Moins de 5 % des cancers sont d’origine génétique. Il s’agit souvent de cancers «diffus», infiltrant l’estomac, de très mauvais pronostic, qui touchent des sujets jeunes.

Mais le premier facteur de risque de cancer de l’estomac, c’est l’infection par Helicobacter pylori, responsable de près de 90 % des cas. Cette bactérie acquise dans l’enfance colonise la muqueuse gastrique, le plus souvent sans symptôme. «L’association démontrée entre infection par H. pylori et cancer gastrique est aussi forte que celle entre tabac et cancer du poumon», explique la gastro-entérologue. En France, de 20 à 30 % des individus sont infectés, mais 80 % le sont en Afrique et 10 % dans les pays nordiques.

Parmi les personnes infectées, de 2 à 20 % auront un ulcère, et parmi elles 1 % aura un cancer gastrique. «Ce processus complexe de carcinogenèse s’étend sur des décennies et passe par une cascade d’étapes, dont la première, la gastrite superficielle, ne survient pas sans infection par H. pylori, ce qui ne signifie pas que cette infection est suffisante», explique le Pr Matysiak-Budnik. L’excès de sel, de viande rouge, d’aliments fumés, le tabac favorisent aussi ce processus, les fruits et légumes ayant un effet protecteur.

Les antibiotiques pour éradiquer la bactérie

«L’éradication par antibiotiques de l’infection à H. pylori guérit et fait régresser les gastrites superficielles et la plupart des gastrites atrophiques, prévenant ainsi le cancer de l’estomac.» Comme l’incidence de ce cancer est faible en France, un dépistage sur toute la population ne paraît pas adapté. Mais il existe au Japon, et la Slovénie l’envisage.

En revanche, la recherche de H. pylori et son éradication sont indispensables dans les formes héréditaires, chez les parents au premier degré de personnes ayant un cancer gastrique, chez les personnes ayant un ulcère, une gastrique atrophique, précancéreuse, ou ayant subi une ablation partielle de l’estomac pour cancer, et chez celles traitées au long cours par certains médicaments anti-acide, les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons).

La lésion peut être retirée par endoscopie

Si le cancer gastrique a un pronostic médiocre, c’est d’abord à cause de son diagnostic tardif, les cancers précoces ne donnant pas de symptômes. Parfois, une lésion précoce est découverte par des signes très généraux comme une anémie. «Mais le plus souvent ils sont détectés à un stade évolué, parce que surviennent une hémorragie digestive, des douleurs qui ressemblent à un ulcère, un amaigrissement, des difficultés d’alimentation…

C’est l’examen endoscopique et la biopsie des lésions qui confirment ce diagnostic, explique le Pr Thomas Aparicio, gastro-entérologue et cancérologue (hôpital Saint-Louis, Paris). Si la lésion est petite et superficielle, elle est parfois enlevée par endoscopie dans des centres très expérimentés. Mais la laparoscopie est moins utilisée que dans le cancer du côlon, et l’ablation chirurgicale se fait le plus souvent en ouvrant l’abdomen.»

Le principal progrès de ces quinze dernières années dans l’amélioration de la survie, c’est la chimiothérapie périopératoire, avec en général deux mois de chimiothérapie préopératoire pour réduire la tumeur et éliminer les micrométastases, et deux mois de chimiothérapie postopératoire.

Les 30 % de cancers métastatiques d’emblée ne sont pas opérés. Comme pour d’autres tumeurs, ces formes métastatiques commencent à bénéficier des avancées des thérapies ciblées et de l’immunothérapie. Mais, globalement, les progrès sont modestes et les essais souvent décevants.

«Notre arme principale reste la détection, le plus précoce possible, qui a un peu progressé puisqu’on identifie 10 % de cancers superficiels précoces, contre 4 % il y a dix ans», insiste le Pr Matysiak-Budnik. De nouveaux tests en cours d’évaluation pourraient aider à améliorer ce dépistage…


Martine Lochouarn

Une tempête colossale se déchaîne sur Mars actuellement




Les robots Curiosity et Opportunity sont au cœur d’une violente tempête de poussières sur Mars. Dans deux ou trois jours, toute la planète sera engloutie, pour potentiellement plusieurs semaines.

Une gigantesque et violente tempête de poussières est en train de recouvrir la totalité de Mars, coupant du monde l'un deux robots de la Nasa qui explorent la planète. Les ingénieurs se demandent s'il ressuscitera. Plus du quart de la planète est déjà recouvert par la tempête. Sur les zones déjà frappées, il fait complètement noir, a confirmé la Nasa mercredi. Dans deux ou trois jours, toute la planète sera engloutie, pour potentiellement plusieurs semaines.

La Nasa a trois satellites en orbite autour de Mars, et deux robots au sol. Le plus vieux d'entre eux, Opportunity, a parcouru plus de 45 km depuis 2004, alimenté en énergie par des panneaux solaires (l'autre, Curiosity, est nucléaire et roule depuis 2012). Quand il n'y a plus de soleil, Opportunity se met en sommeil. C'est le cas depuis la semaine dernière, et il n'a plus donné de nouvelles depuis dimanche. "Nous attendons, nous écoutons tous les jours pour voir s'il envoie un signal", a expliqué John Callas, le chef de projet Opportunity à la Nasa.

Le problème est que le robot ne peut rester en sommeil longtemps que si la température ne descend pas en-dessous de -55 degrés Celsius. Heureusement, les scientifiques ne s'attendent pas à ce qu'elle descende en-dessous de -36, car l'été approche sur Mars. "Nous devrions être capables de survivre à la tempête une fois que le ciel se dégagera", a prudemment dit John Callas. Quand Opportunity reverra le soleil, il devrait pouvoir recharger ses batteries. Bien qu'elles soient vieilles de plus de 15 ans, "ce sont les meilleures batteries du système solaire", a-t-il dit. Elles ont gardé une capacité de 85%. S'il se réveillait, Opportunity confirmerait son statut quasi-invincible: la mission initiale du robot était en effet de 90 jours.

Une bonne météo avant d'envoyer des gens sur Mars

En Californie, au centre de contrôle du programme Opportunity, l'inquiétude était mêlée à la curiosité scientifique: de telles tempêtes planétaires sont en effet rares. Mars est surveillée en continu par des sondes, quotidiennement, depuis une vingtaine d'années, et une tempête globale n'y a été observée qu'une douzaine de fois, a dit Rich Zurek, le responsable scientifique du programme Mars.

Or, avant d'envoyer des hommes sur la planète, il est essentiel d'améliorer... les prévisions météorologiques. La Nasa veut pouvoir anticiper des tempêtes de cette taille-là, dont on ne comprend pas bien l'origine.

"Nous voulons éviter une situation où une équipe travaillerait loin de sa base et serait surprise par ce genre de tempêtes, et aurait du mal à rentrer", a expliqué Jim Watzin, directeur du programme d'exploration martienne à la Nasa, à Washington.

Un dispositif révolutionnaire qui produit de l’eau à partir d’air


La pénurie d’eau est un défi majeur à relever pour que tout le monde puisse avoir accès à l’eau potable. Ce besoin est accru avec le problème du réchauffement climatique. L’année dernière, un groupe de chercheurs de l’université de Berkley en Californie avait testé avec succès un nouveau système de transformation de l’eau dans le désert. Après des tests concluants sur le toit du laboratoire, le dispositif a été testé en octobre 2017 à Scottsdale dans le désert de l’Arizona.

Rappelez-vous, le dispositif “récolteuse à énergie solaire” fonctionne grâce à une poudre cristalline d’atomes organiques et métalliques, la MOF, qui fonctionne comme une éponge pendant la nuit en aspirant la vapeur d’eau dans l’air. Au matin, avec la chaleur et le peu d’humidité, les molécules d’eau s’évaporent mais restent bloquées à l’intérieur de la boîte transparente en plastique qui renferme la MOF. Cette vapeur est ensuite transformée en liquide par un condensateur.

Cette technique est particulièrement révolutionnaire car, si de nombreuses autres permettent de capturer l’eau présente dans l’atmosphère, elles peuvent être très énergivores, en particulier quand le taux d’humidité est très bas. Ce nouveau concept nécessite une seule chose, l’énergie solaire et peut être utilisé dans des endroits où le taux d’humidité est inférieur à 10 %.

Le dispositif expliqué en video :




Décrivant leurs résultats dans la revue Science Advances, l’équipe de chercheurs a déclaré que cette récolteuse d’eau était une solution idéale pour obtenir de l’eau dans les régions arides à un très faible coût. Encore fallait-il tester le dispositif dans des conditions réelles, ce qui est désormais chose faite.

En octobre 2017, un essai de l’appareil a eu lieu à Scottsdale, en Arizona. Dans cette partie du désert, l’humidité atteint 40 % la nuit mais frôle les 8 % la journée. En utilisant seulement 1 kilogramme de MOF, les chercheurs ont réussi à obtenir environ 20 centilitres d’eau. Un résultat en dessous de leurs attentes mais qui suffit à éveiller l’attention car il appelle à des améliorations du système qui lui permettront d’être plus performant.

Et les chercheurs sont bien décidés à poursuivre leurs efforts pour améliorer sa conception, cette fois-ci avec un nouveau MOF en aluminium, 150 fois moins cher et pouvant capturer deux fois plus d’eau. De nouveaux tests sont prévus dans la Vallée de la Mort un peu plus tard dans l’année.

Léa Philippe