Pourquoi ce sont les femmes qui meurent le plus des AVC




Malgré des progrès réalisés ces dernières années, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) continuent de tuer plus de 30.000 personnes par an en France, en majorité des femmes, selon une étude publiée ce mardi 21 février.

En effet, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence Santé publique France, l'AVC constituait la première cause de mortalité chez les femmes, devant le cancer du poumon, avec 18.343 décès enregistrés en 2013, et la troisième cause de mortalité chez les hommes (13.003 décès) après le cancer du poumon et les causes externes (accidents, suicide).

Tabac, alcool, stress

Selon ses auteurs, la stabilisation de la mortalité chez les femmes de 45 à 64 ans pourrait notamment s'expliquer par une forte augmentation du tabagisme dans cette tranche d'âge. Certains cardiologues mettent également en avant la consommation d'alcool et le stress pour expliquer la progression des AVC chez les femmes, notamment chez les plus jeunes.

Globalement, les principaux facteurs de risque sont l'âge, l'hypertension artérielle, le tabagisme, le diabète, l'obésité et la sédentarité.

L'AVC ou "attaque cérébrale" est dû à l'arrêt brutal de l'irrigation sanguine qui prive d'oxygène les zones du cerveau touchées. C'est une urgence absolue, le traitement devant intervenir dans les quatre heures et demie suivant l'AVC, le plus tôt étant le mieux afin d'éviter le décès ou des séquelles motrices ou intellectuelles importantes.

Grâce au développement d'unités neuro-vasculaires spécialisées permettant une prise en charge plus rapide de cette pathologie, le taux de mortalité par AVC a diminué globalement d'un peu plus de 13% entre 2008 et 2013 dans toutes les classes d'âge, à l'exception des femmes âgées de 45 à 64 ans et des personnes de plus de 85 ans, précise l'étude.

Les auteurs de l'étude relèvent également l'existence d'importantes disparités régionales, les taux de mortalité les plus importants étant observés dans les départements ultramarins (notamment à la Réunion et en Guyane) et pour la métropole, dans les régions Hauts-de-France et Bretagne, alors que l'Ile-de-France affiche un taux deux fois plus bas qu'à la Réunion.

Hausse des hospitalisations chez les 35-64 ans

La situation reste par ailleurs "préoccupante" en ce qui concerne les hospitalisations pour AVC, qui sont passées de 97.000 en 2008 à 110.000 en 2014, selon une seconde étude publiée par le BEH.

Le taux d'hospitalisation pour des AVC ischémiques (dus à des caillots) a baissé chez les personnes les plus âgées alors qu'il a enregistré une hausse significative chez les 35 à 64 ans, pour des raisons "probablement multiples", estiment les auteurs qui citent le tabagisme et la sédentarité, mais également la consommation de cannabis, les alcoolisations ponctuelles ou la pollution de l'air.

Selon l'étude, près de 25% des AVC surviennent chez des personnes de moins de 65 ans qui, dans 30% à 50% des cas, ne sont ensuite pas en mesure de reprendre leur activité professionnelle.

Pour limiter le retentissement économique et humain de cette pathologie, l'étude recommande une intensification des campagnes de prévention ainsi qu'une meilleure connaissance des signes de l'AVC (paralysie ou engourdissement d'un coté du corps, troubles du langage, diminution soudaine de la vision d'un œil, vertiges, troubles de l'équilibre).

Ce qu'il se passe dans notre cerveau quand on tombe amoureux


Phénomène irraisonné par excellence, le sentiment amoureux semble à la fois universel et insaisissable. Saint-Valentin oblige, The Conversation France a demandé à Yves Agid, Professeur de neurologie, chercheur en neurosciences, directeur scientifique et fondateur de l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) de nous expliquer ce que l'on sait du cerveau amoureux. Et notamment de ces déflagrations internes qui nous échappent totalement quand nous sommes "touchés en plein cœur" (ou en plein cerveau, en l'occurrence), que la science s'emploie à identifier et à qualifier. NDLR: ce texte est basé sur la transcription d'une interview vidéo d'Yves Agid réalisée par l'ICM.

Un phénomène subit

Tomber amoureux, c'est d'abord éprouver de fortes émotions, d'un coup et de façon parfaitement incontrôlable. Forte accélération du cœur, pâleur, coup de chaud... sont autant de symptômes physiques qui manifestent cet afflux d'émotions que provoque la présence de l'autre, de l'objet amoureux. C'est un phénomène subit et transitoire. À ce moment-là, si l'on fait un arrêt sur images: que se passe-t-il dans le cerveau?

Admettons que vous voyez quelqu'un pour qui vous avez une soudaine empathie, qui vous plaît beaucoup. Ces informations sont véhiculées dans votre cerveau par le biais des perceptions, qu'elles soient visuelles, sonores, tactiles, etc. Ces perceptions sont traitées dans des régions du cerveau qui gèrent plus spécifiquement les émotions. Dans le cerveau, il y a en effet des circuits spécifiques: les uns sont en charge de la motricité, les autres de l'intellect... et il y a aussi les circuits affectés aux émotions.

Ce qui est intéressant avec le sentiment amoureux c'est qu'il survient d'un coup. Vous ne vous dites pas "cet homme ou cette femme a un beau blazer, son visage me plaît..." Vous ne décidez de rien, l'analyse rationnelle n'a rien à voir avec votre réaction. Cela relève d'un comportement automatique. Pour les neuroscientifiques, il convient de comprendre précisément quelles zones du cerveau sont activées, chez les humains, lorsqu'ils tombent amoureux.

Amoureux... comme des pigeons?

Pour schématiser, le cerveau, cette masse de gélatine (qui pèse un peu moins de trois livres) est composée d'une énorme couche périphérique: c'est le cortex cérébral, qui gère nos comportements non automatiques. Mais il y a aussi, et surtout, des comportements automatiques comme marcher, faire du vélo, conduire une voiture, toutes ces choses que nous faisons sans y penser, qui elles, sont essentiellement gérées par de toutes petites structures à la base du cerveau, les noyaux gris centraux (qui représentent seulement 1/50ᵉ de la masse cérébrale).

Les pigeons sont presque dépourvus de cortex cérébral.Jocelyn/Flickr, CC BY


Ce qui est étonnant, c'est que le sentiment amoureux semble justement géré par de si petites, et si anciennes, structures cérébrales. De façon intuitive on pourrait se dire: le sentiment amoureux est si complexe, si subtil, qu'il sollicite essentiellement le cortex cérébral – un territoire plus récent qui contrôle les activités mentales les plus subtiles de l'homme, soit les comportements non automatiques, comme la conscience. En réalité, pas du tout. Tomber amoureux relève plutôt de la subconscience, c'est-à-dire de la faculté cérébrale qui nous permet d'agir, de penser et de ressentir des émotions de façon non consciente, donc automatique.

On a déjà tous observé des pigeons amoureux qui se bécotent. Comme nous ! Or, les pigeons n'ont pratiquement pas de cortex, mais des noyaux gris centraux très développés. Tout se passe donc chez ces animaux comme chez les êtres humains: on "tombe" amoureux de manière brutale et inattendue, automatiquement, de manière subconsciente... probablement avec la contribution des structures cérébrales les plus primitives du cerveau.

D'une certaine façon, nous nous comportons donc comme des animaux... Chez les humains, il convient cependant de nuancer: on peut opposer l'amour-passion, qui se déclare sans crier gare, et l'amour qui s'installe avec le temps, quand les partenaires ont appris à se connaître. Mais quoi qu'il en soit, vous ne décidez pas de tomber amoureux.

Dans tous les cas, il faut rester prudents et ne pas en tirer de conclusions hâtives: on a d'un côté l'amour, qui se traduit par les comportements les plus complexes qui soient, d'un point de vue émotionnel, et de l'autre ce qui relève du fonctionnement du cerveau, qui est extrêmement compliqué aussi. Établir des relations entre les deux n'est pas chose aisée, et il y a encore énormément à découvrir.

La preuve par l'IRM

La science fournit plusieurs preuves expérimentales du rôle des noyaux gris centraux dans le sentiment amoureux: Andreas Bartels et Semir Zeki, à Londres, ont ainsi reçu un certain nombre de couples profondément amoureux. Ils ont demandé à l'un des deux partenaires de rentrer dans un IRM. Supposons que ce soit un homme: on observe alors ce qui se passe dans son cerveau quand on lui montre une série de photos de femmes: pour la plupart, ce sont des inconnues, et de temps en temps, il y a un cliché de sa bien-aimée. Ce qui s'allume dans son cerveau, à la vue de celle qu'il aime, ce sont les noyaux gris centraux !

Ces noyaux gris centraux, liés aux régions correspondantes dans le cortex cérébral, constituent une sorte de "noeud" routier qui jouent un rôle préférentiel dans les actions automatiques, tandis que le cortex joue un rôle essentiel dans la conscience des actions non automatiques.

Ainsi, avant l'intellectualisation, et parfois les regrets associés au sentiment amoureux ou à la passion, il y a l'arrivée brutale et incontrôlable de l'amour, sous forme d'émotions fortes. Dans le premier cas, c'est le cortex cérébral qui contribue essentiellement, dans le deuxième, ce sont les noyaux gris centraux. Dans tous les cas, c'est le cerveau qui déclenche l'amour...

Des minidrones à la rescousse de Monsanto




Un minidrone équipé d'un gel spécial, qui lui permet de polliniser des fleurs, a été créé par des chercheurs japonais pour venir en aide aux abeilles. Cet insecte est essentiel pour féconder les récoltes, mais il est menacé par la pollution et les pesticides.

Ce petit robot pollinisateur télécommandé, muni de quatre hélices, est recouvert de trois millions de poils de cheval enduits d'un gel ionique, c'est-à-dire électriquement chargé, qui capture le pollen sur une fleur avant d'aller le déposer sur les pistils d'une autre, expliquent les scientifiques de l'institut national japonais de science industrielle avancée de recherches technologiques sur les nanomatériaux (AIST).

Ces travaux menés notamment par le chimiste Eijiro Miyako étaient publiés jeudi dans la revue américaine Chem. Ces drones peuvent fonctionner 150 minutes grâce à une pile rechargeable. Dans des expériences séparées avec des fourmis et des mouches, ce gel, découvert, par hasard, dix ans plus tôt par Eijiro Miyako, a également des effets de camouflage, car il change de couleur selon les différentes sources lumineuses.

Quand la pollinisation se fait à la main...

Cette propriété pourrait permettre de protéger les minirobots pollinisateurs contre des prédateurs qui essaieraient de les détruire en les prenant pour des insectes. Une propagation robotisée du pollen, dont la taille varie de 10 à 100 microns avec de multiples formes, a tout d'abord le potentiel de remplacer la pollinisation manuelle, fastidieuse et coûteuse, qui est encore pratiquée pour certaines cultures.

Les agriculteurs qui veulent créer des espèces hybrides ou éviter une pollinisation sauvage n'ont en effet pas d'autre choix que de polliniser leurs cultures à la main en utilisant des pinceaux, expliquent ces chercheurs.

Dans la province chinoise du Sichuan, des poiriers et pommiers qui produisent des fruits très prisés sont ainsi pollinisés à la main, les producteurs recourant même aux pesticides pour éliminer tous les insectes et éviter une pollinisation sauvage par d'autres variétés.

Les abeilles en grand danger

Mais ce procédé est utilisé sur des superficies assez réduites. Une pollinisation manuelle des vastes étendues de pommiers aux Etats-Unis coûterait par exemple quelque 880 millions de dollars, selon les estimations de ces chercheurs.

Le recours à une pollinisation avec des insectes-robots sophistiqués est de ce fait une option attrayante surtout face à la diminution rapide du nombre d'abeilles dans le monde. Au rythme actuel du déclin des populations de ces insectes, les pollinisateurs robotisés pourraient bien être un jour la seule alternative.

Les colonies d'abeilles sont décimées depuis quelques décennies par la maladie et des parasites ainsi que par les effets néfastes des pesticides. Les récoltes de fruits et de légumes pollinisées par les abeilles représentent plus de 15 milliards de dollars chaque année aux Etats-Unis. L'apparition de robots pollinisateurs est devenue possible grâce aux récentes avancées en microfabrication, qui permettent de produire des machines intelligentes d'une taille approchant celle des abeilles.

Un jour, des pollinisateurs artificiels ?

Les progrès dans la vision artificielle et le recours au GPS ouvrent également la voie à des robots autonomes. «Ces découvertes, qui auront des applications pour l'agriculture et la robotique entre autres, pourraient aboutir à la mise au point de pollinisateurs artificiels et aider à répondre aux problèmes résultant du déclin des populations d'abeilles», estime Eijiro Miyako.

«Nous sommes convaincus que ces pollinisateurs robotiques pourront être programmés pour suivre les trajets de pollinisation en utilisant le GPS et l'intelligence artificielle», ajoute-t-il. Bien que ces travaux soient encore loin d'être mis en application dans les cultures, ils représentent un premier pas pour se préparer à un avenir dans lequel les abeilles seront plus rares.

Outre ces scientifiques japonais, plusieurs équipes de recherche travaillent à la mise au point de tels minirobots pollinisateurs, à l'université de Harvard ou au sein du groupe Google notamment.

ATS