"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Percée dans la lutte contre le staphylocoque doré


Le staphylocoque doré est un des principaux agents pathogènes responsables d'infections nosocomiales
(Photo: Keystone)


Des chercheurs bâlois ont développé un type de cellule immunitaire génétiquement modifiée apte à combattre avec succès les infections au staphylocoque doré multirésistant. Ces travaux sont publiés dans la revue Cell.

Le staphylocoque doré résistant à l'antibiotique méticilline (MRSA) fait partie des bactéries multirésistantes posant le plus de problèmes. Lorsqu'il se multiplie ou parvient à pénétrer à l'intérieur du corps, il peut provoquer une large palette d'infections potentiellement graves, voire mortelles, septicémie et pneumonie notamment.

Il produit également un agglomérat - ou biofilm - gélatineux extrêmement difficile à combattre qui se dépose par exemple sur les prothèses, pacemakers et valves cardiaques, avec de graves complications à la clé, a indiqué jeudi l'Université de Bâle dans un communiqué.

Effet supérieur à un antibiotique

Des chercheurs de l'Hôpital universitaire de Bâle (USB), ainsi que du Département des biosystèmes de l'EPF de Zurich, basé à Bâle, ont développé une cellule immunitaire génétiquement modifiée capable de reconnaître et d'éliminer la bactérie. Elle sécrète une enzyme bactériolytique, la lysostaphine, qui détruit le MRSA.

Avec son équipe de l'USB, la professeure d'infectiologie Nina Khanna a pu démontrer l'efficacité de la méthode. Les cellules modifiées sont parvenues à lutter efficacement contre un début d'infection et également à combattre un biofilm.

Elles ont montré un effet supérieur à celui d'une antibiothérapie et selon la Pre Khanna, citée dans le communiqué, ce type de traitement ciblé est appelé à prendre de l'importance. En effet, la sécrétion de l'enzyme antibactérienne est réglable et réversible, ce qui permet d'éviter le développement de résistances, souligne la spécialiste.

Le staphylocoque doré est un des principaux agents pathogènes responsables d'infections nosocomiales. Il colonise la peau d'un tiers de la population sans provoquer de maladie, mais peut entraîner des problèmes graves chez les personnes dont l'état de santé est affaibli. En outre, certaines souches ont développé des résistances à la méticilline, un antibiotique de la famille des pénicillines.

ATS

Comment les fumées toxiques des barbecues pénètrent la peau




La cuisson des aliments au barbecue provoque la formation de substances toxiques cancérigènes qui seront avalées, inhalées ou, ce qu’on découvre à peine, absorbées par la peau.

Ces substances, ce sont les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dégagés lors du processus de combustion. On savait déjà que la consommation de viande grillée au barbecue était associée à une absorption élevée de HAP, mais on a observé que les participants à un barbecue qui n’avaient pas mangé de viande assimilaient aussi ces éléments cancérigènes.

Une équipe chinoise (université Jinan) a réalisé une expérience destinée à déterminer les voies par lesquelles ces HAP pénétraient dans l’organisme. Des volontaires ont assisté à un barbecue, avec une répartition en plusieurs groupes, plus ou moins exposés (notamment avec ou sans masque de protection). Comme l’explique Le Quotidien du Médecin, après analyse des échantillons d’urine, les chercheurs confirment d’abord que l'ingestion de viande représente la voie principale d’absorption des HAP. Mais ce qui est étonnant, c’est que l’inhalation des fumées n’arrive qu’en troisième position, derrière l’absorption par la peau. Les graisses contenues dans les fumées sont vraisemblablement à l’origine de cette « bonne » absorption par l’épiderme.

Les auteurs précisent que bien que les vêtements procurent un certain degré de protection à court terme, ce n’est plus le cas une fois les fibres textiles saturées de fumée. Ils conseillent d’ailleurs à toutes les personnes présentes de laver immédiatement leurs vêtements après le barbecue, et en tout cas de ne plus les porter avant de les avoir lavés.

Le noyau de la Terre grossit de plus en plus


Le schéma en coupe de la structure terrestre


Comme Jules Verne l’avait décrit dans son « Voyage au centre de la Terre », notre planète possède un noyau interne où la température est particulièrement élevée. Si personne ne s’y est jamais aventuré comme dans ce roman, les scientifiques savent ce qui s’y passe. Et une chose est sûre : le noyau de la Terre grandit peu à peu.

On pourrait comparer la composition de la Terre à un fruit comme la pêche : notre planète a une partie externe sphérique composée essentiellement d’eau et une partie interne avec un noyau liquide composé de fer et de nickel, et une graine (partie solide la plus profonde). Si la température au sein de ce noyau est extrêmement chaude, la haute pression qui y règne empêche que le noyau terrestre se liquéfie. Certains experts le décrivent comme un plasma qui se comporte comme un solide. Il faut savoir que le noyau de la Terre grandit petit à petit.

Ainsi, la partie interne qui nous intéresse ici est composée du noyau liquide chaud et de la graine solide. Cette fameuse graine est la structure la plus profonde de la Terre. Il s’agit d’une sphère de 1220 kilomètres de rayon, constituée d’un alliage solide de fer et de nickel. Et cette graine va grossir chaque année de quelques millimètres à mesure que le noyau se solidifie. De fait, la croissance de la graine se fait à partir de la cristallisation du noyau liquide, au fur et à mesure que la Terre se refroidit. Néanmoins, le processus est irrégulier, ce qui fait que cela prendrait 91 milliards d’années pour que le noyau soit gelé et totalement solide.

Selon les chercheurs, la graine aurait commencé à se former il y a 1,5 milliards d’années, c’est-à-dire qu’elle aurait le tiers de l’âge de la Terre. Ceci explique sans doute pourquoi cette graine interne continue à grandir encore aujourd’hui. Ainsi, si elle grandit de quelques millimètres chaque année, cela donnerait une croissance de 500 km par milliard d’années. À la surface de la graine, 10 000 tonnes de fer se solidifient chaque seconde. Au fur et à mesure du refroidissement de la Terre, la graine va occuper un espace de plus en plus grand du noyau liquide.

Toutefois, même si les scientifiques ont accumulé ces différentes données, le noyau de la Terre et plus précisément la graine, reste un mystère. Selon certains chercheurs, la graine serait elle-même subdivisée en deux parties, interne et externe. La partie interne, appelée amande à cause de sa forme, serait plus pure en fer que la partie externe. Par ailleurs, il existe un réel doute sur la consistance du noyau. Solide pour certains, il se comporte parfois comme un liquide. Selon des chercheurs russes et suédois, l’alliage composant le noyau interne ne ressemblerait pas aux métaux que l’on connaît mais serait plus comparable à du sable. Il semble donc que le « centre » de la Terre n’ait pas délivré tous ses mystères.

La composition de la planète Terre avec sa partie interne


Ainsi, notre Terre change et nous le constatons tous les jours. Mais la partie externe et visible n’est pas la seule à évoluer avec les années. Son noyau ainsi que sa graine, changent et grandissent peu à peu. Et cela est loin d’être terminé.

 Thomas Le Moing

Une bactérie est responsable de 90% des cas de cancer de l’estomac




Au cinquième rang mondial par sa fréquence, le cancer de l’estomac figure en troisième place par le nombre de morts, près de 9 % de tous les décès par cancer. Son incidence varie selon les régions du globe, les ethnies et le niveau de développement. L’Asie de l’Est, Japon, Corée et Chine surtout, est fortement touchée, mais aussi l’Amérique du Sud. «Intermédiaire en Europe de l’Est, son incidence est plus faible en Europe de l’Ouest, à l’exception du Portugal, fortement touché», explique le Pr Tamara Matysiak-Budnik, gastro-entérologue et cancérologue (CHU Nantes).

En France, de 6000 à 7000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, pour 4500 décès. C’est un cancer du sujet âgé, de pronostic médiocre. En quelques décennies, les progrès de l’hygiène alimentaire ont beaucoup réduit son incidence, qui est aujourd’hui assez stable.

La forme la plus fréquente, qui touche le corps et la partie basse de l’estomac, diminue encore peu à peu, mais les cancers de la jonction estomac-oesophage (cardia) plus rares, augmentent avec l’épidémie d’obésité qui favorise le reflux gastro-œsophagien. Moins de 5 % des cancers sont d’origine génétique. Il s’agit souvent de cancers «diffus», infiltrant l’estomac, de très mauvais pronostic, qui touchent des sujets jeunes.

Mais le premier facteur de risque de cancer de l’estomac, c’est l’infection par Helicobacter pylori, responsable de près de 90 % des cas. Cette bactérie acquise dans l’enfance colonise la muqueuse gastrique, le plus souvent sans symptôme. «L’association démontrée entre infection par H. pylori et cancer gastrique est aussi forte que celle entre tabac et cancer du poumon», explique la gastro-entérologue. En France, de 20 à 30 % des individus sont infectés, mais 80 % le sont en Afrique et 10 % dans les pays nordiques.

Parmi les personnes infectées, de 2 à 20 % auront un ulcère, et parmi elles 1 % aura un cancer gastrique. «Ce processus complexe de carcinogenèse s’étend sur des décennies et passe par une cascade d’étapes, dont la première, la gastrite superficielle, ne survient pas sans infection par H. pylori, ce qui ne signifie pas que cette infection est suffisante», explique le Pr Matysiak-Budnik. L’excès de sel, de viande rouge, d’aliments fumés, le tabac favorisent aussi ce processus, les fruits et légumes ayant un effet protecteur.

Les antibiotiques pour éradiquer la bactérie

«L’éradication par antibiotiques de l’infection à H. pylori guérit et fait régresser les gastrites superficielles et la plupart des gastrites atrophiques, prévenant ainsi le cancer de l’estomac.» Comme l’incidence de ce cancer est faible en France, un dépistage sur toute la population ne paraît pas adapté. Mais il existe au Japon, et la Slovénie l’envisage.

En revanche, la recherche de H. pylori et son éradication sont indispensables dans les formes héréditaires, chez les parents au premier degré de personnes ayant un cancer gastrique, chez les personnes ayant un ulcère, une gastrique atrophique, précancéreuse, ou ayant subi une ablation partielle de l’estomac pour cancer, et chez celles traitées au long cours par certains médicaments anti-acide, les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons).

La lésion peut être retirée par endoscopie

Si le cancer gastrique a un pronostic médiocre, c’est d’abord à cause de son diagnostic tardif, les cancers précoces ne donnant pas de symptômes. Parfois, une lésion précoce est découverte par des signes très généraux comme une anémie. «Mais le plus souvent ils sont détectés à un stade évolué, parce que surviennent une hémorragie digestive, des douleurs qui ressemblent à un ulcère, un amaigrissement, des difficultés d’alimentation…

C’est l’examen endoscopique et la biopsie des lésions qui confirment ce diagnostic, explique le Pr Thomas Aparicio, gastro-entérologue et cancérologue (hôpital Saint-Louis, Paris). Si la lésion est petite et superficielle, elle est parfois enlevée par endoscopie dans des centres très expérimentés. Mais la laparoscopie est moins utilisée que dans le cancer du côlon, et l’ablation chirurgicale se fait le plus souvent en ouvrant l’abdomen.»

Le principal progrès de ces quinze dernières années dans l’amélioration de la survie, c’est la chimiothérapie périopératoire, avec en général deux mois de chimiothérapie préopératoire pour réduire la tumeur et éliminer les micrométastases, et deux mois de chimiothérapie postopératoire.

Les 30 % de cancers métastatiques d’emblée ne sont pas opérés. Comme pour d’autres tumeurs, ces formes métastatiques commencent à bénéficier des avancées des thérapies ciblées et de l’immunothérapie. Mais, globalement, les progrès sont modestes et les essais souvent décevants.

«Notre arme principale reste la détection, le plus précoce possible, qui a un peu progressé puisqu’on identifie 10 % de cancers superficiels précoces, contre 4 % il y a dix ans», insiste le Pr Matysiak-Budnik. De nouveaux tests en cours d’évaluation pourraient aider à améliorer ce dépistage…


Martine Lochouarn